Qu’est-ce qu’un audit de contenu, et peut-on le faire soi-même ?
Un inventaire de vos pages, croisé avec ce qu’elles produisent réellement, et une décision par page. Les quatre verdicts possibles, la méthode gratuite pour le faire vous-même, et les deux erreurs qui coûtent du trafic.
L’expression circule sans définition stable, et elle sert à vendre des prestations très différentes. Autant la poser nettement.
Un audit de contenu n’est pas une relecture, ni une correction de fautes, ni un avis sur votre style. C’est un inventaire, croisé avec ce que chaque page produit réellement, qui débouche sur une décision par page. Rien de plus, et c’est déjà beaucoup.
C’est l’inventaire de toutes les pages d’un site, croisé avec ce que chacune produit réellement, et qui aboutit à une décision par page : garder, fusionner, réécrire ou supprimer. Il se fait soi-même avec deux outils gratuits, le sitemap pour la liste et la Search Console pour les résultats, et une demi-journée pour un site de trente pages. Ce qu’il coûte de sauter : des pages qui se cannibalisent, et des suppressions qui emportent du trafic qu’on ne voyait pas.
Ce qu’un audit de contenu n’est pas
Trois confusions courantes, et il vaut mieux les écarter d’abord.
Ce n’est pas un audit technique. La vitesse, les erreurs serveur, le balisage, l’indexation sont un autre travail. Les deux se complètent, ils ne se remplacent pas.
Ce n’est pas une relecture éditoriale. Corriger des tournures ne dit rien de la question qu’une page devrait traiter et qu’aucune ne traite.
Ce n’est pas un rapport de cent pages. Un audit de contenu utile tient dans un tableau : une ligne par page, quelques colonnes, une décision. S’il ne se termine pas par des décisions, ce n’était pas un audit, c’était une description.
Le critère, et c’est Google qui l’écrit
La documentation de Google sur la création de contenu utile propose une série de questions à se poser sur son propre contenu. Trois d’entre elles font l’essentiel du travail, et elles sont plus dures qu’elles n’en ont l’air.
« Votre contenu fournit-il des informations, des rapports ou des travaux de recherche ou d’analyse véritablement originaux ? »
« Vous contentez-vous principalement à résumer ce que les autres ont à dire sans apporter d’informations utiles supplémentaires ? »
« L’objectif principal du contenu est-il de générer des visites en provenance de moteurs de recherche ? »
La troisième est un test d’intention, et c’est celle qui élimine le plus de pages. Une page écrite pour capter une requête, sans que personne n’ait rien à dire sur le sujet, se reconnaît en la lisant à voix haute.
Google ajoute que ses systèmes cherchent à identifier les contenus qui présentent « des niveaux attendus d’expérience, d’expertise, de légitimité et de fiabilité (c’est ce qu’on appelle le score E-E-A-T) », et précise : « parmi ces aspects, la fiabilité est primordiale ».
Comment le faire soi-même, en une demi-journée
Deux outils, tous les deux gratuits, et un tableur.
1. La liste des pages
Ouvrez votre-domaine.fr/sitemap.xml. C’est la liste que votre site déclare
lui-même aux moteurs. Copiez-la dans un tableur, une ligne par adresse.
⚠ Comparez-la à ce que vous croyez avoir. Les écarts sont instructifs : des pages oubliées, des doublons créés par un ancien prestataire, des pages de test restées en ligne.
2. Ce que chaque page produit
Dans la Search Console, rapport Performances, onglet Pages, période de trois mois minimum. Vous obtenez, par page : les impressions, les clics, le CTR et la position moyenne.
Reportez ces quatre colonnes en face de chaque adresse. Les pages absentes de ce rapport n’ont produit aucune impression : c’est une information, pas une absence de données.
3. La question que la page devrait traiter
Une colonne de plus, remplie à la main, et c’est la plus utile : quelle question précise cette page répond-elle ? En une phrase, dans les mots d’un client.
Si vous n’y arrivez pas, ou si deux pages donnent la même réponse, vous venez de trouver votre problème.
4. La décision
Quatre verdicts possibles, et un seul par ligne.
| Verdict | Quand | Ce qu’on fait |
|---|---|---|
| Garder | la page reçoit des impressions et répond à une question distincte | on n’y touche pas |
| Réécrire | la question est bonne, la réponse est faible ou datée | on la retravaille, on garde l’adresse |
| Fusionner | deux pages répondent à la même question | on garde la meilleure adresse, on y verse le contenu de l’autre, on redirige |
| Supprimer | aucune impression, aucune question propre, aucun lien entrant | on supprime, et on redirige seulement s’il existe une page équivalente |
Les deux erreurs qui coûtent
Supprimer une page qui travaille sans qu’on le sache. Une page à zéro clic peut recevoir des centaines d’impressions, être liée depuis un annuaire, ou servir d’entrée à un parcours. C’est la raison pour laquelle la décision se prend après avoir regardé la Search Console, jamais d’après l’impression que laisse une relecture.
Rediriger tout vers l’accueil pour « ne pas perdre ». Google déconseille
explicitement de rediriger en masse des URL vers une même destination comme la
page d’accueil, ce qui « pourrait être considéré comme une erreur de type
soft 404 ». Une redirection ne vaut que vers une page qui traite le même sujet.
Sinon, une vraie erreur 404 est plus saine. Le détail est dans
mon ancien site apparaît encore sur Google.
Le cas de la cannibalisation
C’est le résultat le plus fréquent d’un premier audit, et le plus mal compris.
Deux pages qui répondent à la même question ne se renforcent pas : elles se partagent les signaux, et aucune des deux n’arrive à s’imposer. On le repère dans la Search Console en filtrant sur une requête et en regardant quelles pages y apparaissent. Quand la page qui remonte change d’une semaine à l’autre, le diagnostic est fait.
La correction n’est pas de supprimer la seconde. C’est de décider laquelle traite la question, de verser dans celle-là ce que l’autre avait d’utile, et de rediriger. Une page forte bat deux pages moyennes, toujours.
Ce qu’on ne peut pas faire soi-même
Il faut le dire, sinon cet article serait une publicité déguisée pour une prestation dont il vient d’expliquer qu’on peut s’en passer.
L’inventaire, le croisement et les décisions se font seul. Ce qui est plus difficile seul :
- juger la qualité de sa propre page. On sait ce qu’on a voulu dire, donc on le lit même quand ce n’est pas écrit ;
- voir ce qui manque. Un audit sérieux ne liste pas seulement les pages qui existent, il nomme celles qui devraient exister et qui n’existent pas. Ça suppose de relever ce que cherchent réellement vos clients ;
- arbitrer entre corriger et refaire. À un certain niveau de dette, réécrire page par page coûte plus cher qu’une refonte, et cette ligne se voit mal de l’intérieur.
Si le tableau se remplit et que les décisions sortent, vous n’avez besoin de personne. Si la moitié des lignes reste vide, c’est que la question est ailleurs.
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’un audit de contenu de site internet ?
C’est l’inventaire de toutes les pages d’un site, croisé avec ce que chacune produit réellement en impressions, clics et position, et qui aboutit à une décision par page : garder, réécrire, fusionner ou supprimer. Ce n’est ni un audit technique, ni une relecture éditoriale. S’il ne se termine pas par des décisions, ce n’était pas un audit.
Peut-on faire un audit de contenu soi-même ?
Oui, avec deux outils gratuits et un tableur. Le sitemap donne la liste des pages, la Search Console donne ce que chacune produit, et une colonne remplie à la main indique quelle question précise chaque page répond. Comptez une demi-journée pour un site d’une trentaine de pages. Ce qui reste difficile seul, c’est de juger la qualité de ses propres textes et de voir les pages qui manquent.
Comment savoir si une page doit être supprimée ?
Trois conditions cumulatives : aucune impression sur trois mois dans la Search Console, aucune question propre qu’elle serait la seule à traiter, et aucun lien entrant. Une page à zéro clic mais à plusieurs centaines d’impressions travaille sans qu’on le voie. La décision se prend après avoir regardé les données, jamais d’après une relecture.
Deux pages qui parlent du même sujet, est-ce un problème ?
Oui, c’est de la cannibalisation : elles se partagent les signaux et aucune ne s’impose. On le repère en filtrant une requête dans la Search Console et en regardant si la page qui remonte change d’une semaine à l’autre. La correction consiste à décider laquelle traite la question, à y verser ce que l’autre avait d’utile, et à rediriger. Une page forte bat deux pages moyennes.
À quelle fréquence faut-il refaire un audit de contenu ?
Une fois par an suffit pour un site stable, et à chaque fois que le site change de main, de prestataire ou de stratégie. Le premier audit est toujours le plus long, parce qu’il rattrape des années de décisions non prises ; les suivants se contentent de vérifier que les pages ajoutées entre-temps répondent chacune à une question distincte.
Si l’audit conclut que le socle ne tient plus, ce n’est plus un sujet de contenu : le mécanisme est expliqué sur l’audit de site internet et la refonte de site internet. Et si la conclusion est que des pages manquent plutôt qu’il n’y en a trop, le protocole gratuit de vérifier son site soi-même est le bon point de départ.
Votre cas n’est pas le cas général.
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