Mon ancien site apparaît encore sur Google : combien de temps ?
Quelques semaines pour un site de taille moyenne, selon Google lui-même. Ce qui accélère, ce qui bloque, et la faute qui transforme une migration en perte sèche : rediriger toutes les pages vers l’accueil.
Le nouveau site est en ligne depuis dix jours. Vous tapez le nom de votre entreprise, et Google affiche encore les anciennes pages, avec les anciens titres. Parfois une adresse qui n’existe plus.
C’est normal, c’est documenté, et il y a exactement une chose à ne pas faire pendant cette période.
Comptez quelques semaines. Google écrit qu’en règle générale, « quelques semaines peuvent être nécessaires au déplacement de la majorité des pages d’un site Web de taille moyenne » dans son index, et que le processus est plus long pour les gros sites. Pendant ce temps, la visibilité fluctue, ce qui est attendu. La condition pour que ça se passe bien est qu’une redirection 301 pointe chaque ancienne adresse vers la nouvelle page équivalente. Conservez ces redirections au moins un an.
Ce que dit Google, et ce qu’il ne promet pas
La documentation officielle sur les migrations avec changement d’URL donne trois repères, et il vaut mieux les lire tels quels.
« En règle générale, quelques semaines peuvent être nécessaires au déplacement de la majorité des pages d’un site Web de taille moyenne dans notre index. »
« Le processus peut être plus long pour les sites plus volumineux. »
« La visibilité de votre contenu dans la recherche sur le Web peut fluctuer temporairement pendant la migration. Cela est normal, car le classement d’un site se stabilise au fil du temps. »
Trois choses à en retenir.
« La majorité des pages », pas toutes. Une page peu visitée et peu liée peut rester des mois dans l’index avec son ancienne adresse. Ce n’est pas un problème tant qu’elle redirige.
Le délai dépend de la taille, donc du nombre de pages que Google doit réexplorer. Un site de vingt pages se remplace plus vite qu’un site de deux mille.
La fluctuation est annoncée. Voir les positions bouger pendant la migration n’est pas le signe d’un ratage. Paniquer au dixième jour et défaire les redirections l’est.
La faute qui coûte le plus cher
Elle est unique, elle est fréquente, et Google la nomme.
« Ne redirigez pas en masse vos anciennes URL vers une même URL de destination, comme la page d’accueil de votre nouveau site. Cela risquerait de dérouter les internautes et pourrait être considéré comme une erreur de type
soft 404. »
Rediriger tout vers l’accueil paraît propre : plus aucune erreur 404, tout le monde atterrit quelque part. C’est en réalité la façon la plus efficace de perdre ce que l’ancien site avait accumulé. Google le lit comme une suppression, pas comme un déplacement, et ne transmet à peu près rien.
La règle est page à page. Chaque ancienne adresse pointe vers la page qui traite le même sujet sur le nouveau site. Quand aucune ne traite ce sujet, deux choix honnêtes : recréer une page équivalente, ou laisser l’adresse répondre 404. Une vraie 404 est plus saine qu’une redirection qui ment. Le mécanisme est détaillé dans la fiche redirection 301.
Combien de temps garder les redirections
« Conservez les redirections aussi longtemps que possible, généralement au moins un an. »
Un an est un plancher, pas une échéance. Les liens posés par des tiers vers vos anciennes pages, eux, ne disparaissent jamais : annuaires, articles, signatures de courriel, documents PDF. Une redirection supprimée trois ans plus tard casse tous ces chemins d’un coup.
En pratique : gardez-les indéfiniment, et profitez de la première année pour faire corriger les liens externes qui comptent vraiment, c’est-à-dire ceux qui vous amènent des visiteurs.
Ce qui accélère réellement
Quatre gestes, par ordre d’effet.
- Deux sitemaps pendant la migration. Google recommande d’envoyer un sitemap des anciennes URL et un des nouvelles : « au fil du temps, le nombre de pages indexées du sitemap contenant les anciennes URL tombera à zéro, et vous constaterez une augmentation équivalente de l’indexation des nouvelles URL. » C’est aussi votre tableau de bord de migration. L’ancien sitemap se supprime une fois la bascule terminée.
- Demander l’indexation des pages qui comptent. Dans la Search Console, l’inspection d’URL permet de demander l’exploration d’une adresse. À réserver aux quelques pages qui font votre chiffre, pas aux deux cents.
- Des liens internes qui pointent les nouvelles adresses. Un site dont les propres liens visent encore les anciennes URL demande à Google de suivre une redirection à chaque page. Ça marche, c’est lent, et c’est évitable.
- Un serveur qui répond. Une migration se joue sur du réexploration intensive. Si le serveur sature et renvoie des erreurs, Google ralentit l’exploration, donc la migration. Voir mon site affiche « site en surcharge ».
L’outil de changement d’adresse : quand il sert, quand il ne sert pas
La Search Console propose un outil de changement d’adresse. Il signale à Google
un déplacement d’un domaine à un autre, par exemple de exemple.fr vers
exemple-nouveau.fr, et il faut alors le déclarer pour chaque sous-domaine et
chaque variante avec ou sans « www ».
Il ne sert pas dans deux cas courants.
- Vous gardez le même nom de domaine et ne changez que les adresses des pages. Les redirections côté serveur suffisent.
- Vous passez de HTTP à HTTPS. Google l’écrit : « si vous migrez votre site HTTP vers le protocole HTTPS, vous n’avez pas besoin d’utiliser l’outil de changement d’adresse. »
Ce qui n’est pas un problème, et qu’on prend pour un problème
Google affiche encore l’ancien titre. Le titre affiché est recalculé à la réexploration. Tant que la page n’a pas été revisitée, l’ancien reste.
Le nombre de pages indexées baisse. Attendu : les anciennes sortent avant que les nouvelles n’entrent. C’est le creux visible sur les deux sitemaps.
Une vieille page ressort sur une requête. Si elle redirige, le visiteur arrive au bon endroit. Le résultat se corrigera de lui-même.
Le trafic bouge à la baisse quelques semaines. Documenté par Google comme normal. Ce qui ne l’est pas : une baisse qui s’installe au-delà de deux ou trois mois. À ce stade, ce n’est plus la migration, c’est autre chose, et cela se mesure au lieu de se supposer.
Questions fréquentes
Combien de temps mon ancien site reste-t-il visible sur Google après une refonte ?
Quelques semaines pour la majorité des pages d’un site de taille moyenne, selon la documentation de Google, et davantage pour un site volumineux. Certaines pages peu visitées peuvent rester plus longtemps. Ce n’est pas un problème tant que chaque ancienne adresse redirige en 301 vers la page équivalente du nouveau site : le visiteur arrive au bon endroit, et Google finit par remplacer l’adresse dans son index.
Faut-il rediriger toutes les anciennes pages vers la page d’accueil ?
Non, c’est la faute la plus coûteuse d’une migration. Google écrit de ne pas rediriger en masse les anciennes URL vers une même destination comme la page d’accueil, parce que cela déroute les internautes et peut être considéré comme une erreur de type soft 404. La redirection se fait page à page, vers celle qui traite le même sujet. Quand aucune ne le traite, une vraie erreur 404 est plus saine qu’une redirection qui ment.
Combien de temps faut-il conserver les redirections 301 ?
Google recommande de les conserver aussi longtemps que possible, généralement au moins un an. En pratique, mieux vaut les garder indéfiniment : les liens posés par des tiers vers vos anciennes pages ne disparaissent pas, et supprimer les redirections casse tous ces chemins d’un coup.
Pourquoi Google affiche-t-il encore l’ancien titre de mes pages ?
Parce que le titre affiché est recalculé quand Google réexplore la page. Tant qu’elle n’a pas été revisitée, l’ancien titre reste. Cela se résout tout seul ; pour les pages qui comptent vraiment, l’inspection d’URL de la Search Console permet de demander une exploration.
Dois-je utiliser l’outil de changement d’adresse de la Search Console ?
Uniquement si vous changez de nom de domaine. Il signale à Google un déplacement d’un domaine vers un autre, et doit alors être déclaré pour chaque sous-domaine et chaque variante avec ou sans « www ». Si vous gardez le même domaine et ne changez que les adresses des pages, les redirections suffisent. Pour un passage de HTTP à HTTPS, Google précise explicitement qu’il n’est pas nécessaire.
Une refonte se juge sur ce qu’elle conserve autant que sur ce qu’elle change. Le protocole complet, de l’inventaire des pages à la vérification après bascule, est sur la refonte de site internet ; le versant local, avec la récupération du domaine et de la fiche Google, sur la refonte de site internet à Toulouse.
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