Vérifier son site soi-même : dix contrôles en trente minutes
Un protocole que n'importe qui peut suivre, sans outil payant et sans compétence technique. Vous saurez si le problème est le contenu, la structure ou la visibilité.
Vous n'avez pas besoin d'un audit facturé pour savoir si votre site fait son travail. Vous avez besoin d'une demi-heure, de votre téléphone, et d'un ordre de passage.
Ce protocole ne remplace pas un examen technique complet. Il fait autre chose, et c'est ce qui manque le plus souvent : il vous dit où est le problème, donc quelle question poser ensuite, et à qui.
Une règle avant de commencer : faites tout sur votre téléphone, en données mobiles, pas en wifi. C'est là que la majorité de vos visiteurs vous regardent, et c'est la condition la plus dure. Un site qui passe sur téléphone passe partout.
Dix contrôles, une demi-heure, sur votre téléphone en données mobiles : les cinq premières secondes, le temps d’affichage, le test du pouce, le numéro appelable, le formulaire réellement reçu, l’indexation par la commande site:, le test des cinq requêtes réelles, le HTTPS et l’unicité de l’adresse, ce que Google affiche de vous, et ce qui a vieilli. L’endroit où tombent les échecs vous dit si le problème est la conversion, la visibilité ou l’entretien.
1. Les cinq premières secondes
Ouvrez votre page d'accueil. Chronométrez cinq secondes, puis lâchez le téléphone.
Sans faire défiler, un inconnu peut-il répondre à ces trois questions ?
- Qu'est-ce que vous faites ?
- Pour qui, et où ?
- Que dois-je faire maintenant ?
Si l'une des trois manque, aucun travail de référencement n'y changera quoi que ce soit : vous ferez venir des gens sur une page qui ne les retient pas.
Le défaut le plus courant : une accroche qui parle de vous (« Depuis 2010, votre partenaire de confiance ») au lieu de parler de ce que le visiteur cherche.
2. Le temps d'affichage
Comptez à voix haute pendant que la page charge. Au-delà de trois secondes de blanc, vous perdez une partie des visiteurs avant qu'ils aient rien vu.
Mesurez ensuite proprement avec PageSpeed Insights : collez votre adresse, regardez l'onglet mobile. Les seuils sont publics et chiffrés (Core Web Vitals) : affichage du plus gros élément en 2,5 secondes ou moins, réactivité sous 200 millisecondes, stabilité visuelle à 0,1 ou moins, mesurés au 75e percentile.
Le détail des causes et des correctifs est ici : ce que coûte vraiment un site lent.
3. Le test du pouce
Toujours sur téléphone, essayez de faire ces quatre choses d'une seule main, sans zoomer :
- ouvrir le menu et atteindre une page intérieure ;
- lire un paragraphe sans agrandir le texte ;
- appuyer sur un bouton du premier coup ;
- trouver le numéro de téléphone.
Les échecs typiques : un menu qui déborde de l'écran, des liens trop proches pour être visés, un texte trop petit, un bandeau de cookies qui recouvre tout et dont la croix de fermeture fait deux millimètres.
4. Le numéro est-il appelable
Appuyez sur votre numéro de téléphone. S'il ne déclenche pas l'appel, c'est du texte et non un lien.
C'est un détail d'une ligne de code, et c'est l'un des écarts les plus coûteux d'un site de service : la personne la plus près de vous appeler doit recopier dix chiffres à la main.
Vérifiez au passage que le numéro est visible sans faire défiler, sur chaque page, et pas seulement en pied de page.
5. Le formulaire fonctionne-t-il
Envoyez-vous un vrai message par votre propre formulaire. Puis attendez.
Trois vérifications :
- le message arrive-t-il ? Les formulaires cassés silencieusement sont fréquents, après un changement d'hébergement ou une mise à jour ;
- arrive-t-il en indésirables ? C'est le cas le plus vicieux, parce que tout semble marcher ;
- l'adresse de réception est-elle encore la bonne ? Souvent celle d'un ancien salarié, ou une boîte que plus personne n'ouvre.
Faites ce test tous les trimestres. C'est le contrôle le plus rentable de la liste, et personne ne le fait.
6. Google connaît-il vos pages
Tapez dans Google, en remplaçant par votre domaine :
site:votredomaine.fr
Comptez approximativement les résultats. Si vous avez douze pages et qu'il en affiche deux, il y a un problème d'indexation. S'il n'affiche rien, c'est le problème principal et il passe avant tout le reste.
Le diagnostic complet est ici : pourquoi votre site n'apparaît pas sur Google.
7. Le test des cinq requêtes
Le contrôle le plus révélateur de la liste, et le plus vite expédié à tort.
Écrivez les cinq phrases qu'un client taperait pour trouver une entreprise comme la vôtre, sans jamais employer votre nom. Puis cherchez-les, en navigation privée pour éviter que votre historique ne fausse les résultats.
Où êtes-vous ? Et surtout : qui est à votre place ? Ouvrez les trois premiers résultats. Vous verrez en trois minutes quelle page il vous manque, parce que ce sera exactement celle qu'ils ont et que vous n'avez pas.
Si vous n'êtes premier que sur le nom de votre entreprise, vous n'êtes pas référencé : vous êtes trouvable par ceux qui vous connaissent déjà.
8. Le cadenas, et ce qu'il ne dit pas
Vérifiez que l'adresse commence par https. Sans cela, les navigateurs
affichent un avertissement de sécurité, et un visiteur sur deux repart.
Vérifiez aussi qu'une seule adresse fonctionne vraiment : tapez votre site avec
et sans www, avec http et https. Toutes les variantes doivent aboutir à la
même adresse finale. Si deux versions différentes s'affichent en parallèle,
Google voit deux sites qui se font concurrence.
9. Ce que Google affiche de vous
Cherchez votre entreprise et regardez le résultat tel qu'il apparaît : le titre bleu et les deux lignes de description.
Le titre est-il lisible, ou tronqué au milieu d'un mot ? La description donne-t-elle envie, ou affiche-t-elle un bout de menu ? Trouve-t-on plusieurs pages avec exactement le même titre ?
C'est votre vitrine dans les résultats, elle est vue bien plus souvent que votre page d'accueil, et elle est presque toujours laissée par défaut.
Vérifiez au passage la cohérence avec votre fiche d'établissement : nom, adresse et téléphone doivent être identiques au caractère près entre la fiche et le site. Voir fiche Google ou site internet.
10. Ce qui a vieilli
Parcourez le site en cherchant uniquement ce qui n'est plus vrai :
- une prestation que vous ne faites plus, ou une que vous faites et qui n'y est pas ;
- des horaires, des tarifs ou une adresse périmés ;
- une actualité dont la dernière date remonte à deux ans, ce qui donne un site abandonné ;
- des photos qui ne sont pas les vôtres ;
- l'absence de mentions légales, obligatoires pour un site professionnel, et de politique de confidentialité si vous collectez le moindre formulaire.
Lire le résultat
Comptez vos échecs et regardez où ils tombent, pas combien il y en a.
| Là où ça bloque | Ce que ça veut dire | Ce qu'on fait |
|---|---|---|
| Contrôles 1, 3, 4, 5 | Le site ne convertit pas ce qu'il reçoit | Message et parcours. Corrigeable sans tout refaire, et prioritaire : inutile d'amener du trafic sur une page qui ne retient personne |
| Contrôles 6, 7, 9 | Le site n'est pas trouvé | Architecture et contenu. Il manque des pages, pas des mots-clés |
| Contrôle 2 | Le site perd des visiteurs au chargement | Images et scripts d'abord. Le socle seulement si le reste ne suffit pas |
| Contrôles 8, 10 | Négligence d'entretien | Rapide à corriger, et coûteux à laisser |
| Presque tous | Le site n'est plus au niveau | La question devient celle du coût de possession, pas du correctif |
L'ordre compte. Corrigez la conversion avant la visibilité. Amener du monde sur une page qui ne retient personne coûte de l'argent et n'en rapporte pas.
Ce que ce protocole ne fait pas
Il ne mesure ni la sécurité de votre hébergement, ni la conformité de votre gestion des données personnelles, ni la qualité technique du code, ni les liens qui pointent vers vous. Ce sont de vrais sujets, et ils demandent des outils et un examen.
Mais si les dix contrôles passent, vous avez déjà un site qui fait son travail, et vous saurez poser les bonnes questions pour la suite.
Vous avez fait la liste et vous voulez un avis franc sur ce qui vaut d'être corrigé et ce qui relève de la structure ? Envoyez-nous l'adresse de votre site. C'est le premier temps de toute refonte, et parfois la conclusion est qu'il n'y a pas de refonte à faire.
Votre cas n’est pas le cas général.
Un article répond à une question ; un premier échange d’une vingtaine de minutes répond à la vôtre. Il n’engage rien et ne se termine pas par un devis automatique.
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