Carte de restaurant : en PDF ou en page sur son site ?
Google indexe les PDF, donc l’argument « le PDF est invisible » est faux. Ce qui condamne le PDF est ailleurs : la lecture sur téléphone, la mise à jour, et le lien menu de la fiche Google.
Le débat revient à chaque site de restaurant, et il est presque toujours tranché avec un argument faux : « le PDF, Google ne le lit pas ».
Il le lit. C’est écrit dans sa documentation. Le PDF pose de vrais problèmes, mais ce ne sont pas ceux-là, et les nommer correctement change la décision.
En page, dans la quasi-totalité des cas. Contrairement à ce qu’on lit partout, Google indexe les PDF : ils figurent dans sa liste officielle des types de fichiers indexables. Le PDF perd ailleurs. Il se lit mal sur un téléphone, où se fait l’essentiel des consultations de carte. Il oblige à ressortir un logiciel de mise en page pour changer un prix. Il n’accepte ni données structurées ni liens internes. Et le lien menu de la fiche Google attend une page, pas un document à télécharger.
L’argument faux, et pourquoi il circule
Google publie la liste des types de fichiers indexables. Le format y figure nommément : « Adobe Portable Document Format (.pdf) ». Ces fichiers sont décrits comme des « fichiers binaires ou de conteneurs complexes qui nécessitent un analyseur spécifique pour extraire le texte lisible ».
Autrement dit : Google ouvre le PDF, en extrait le texte, et l’indexe. Une carte en PDF peut ressortir dans les résultats.
D’où vient alors la légende ? De deux confusions.
La première : PDF ne veut pas dire texte. Une carte scannée, ou exportée comme image, ne contient aucun texte à extraire. Le fichier est indexable, son contenu ne l’est pas. Beaucoup de cartes de restaurant sont dans ce cas, parce qu’elles sortent d’un logiciel de mise en page ou d’une photo du support papier.
La seconde : indexable ne veut pas dire performant. Un PDF indexé est un résultat de recherche sans titre travaillé, sans description choisie, qui s’ouvre dans un lecteur et ne mène nulle part ensuite. Il existe dans l’index sans travailler pour vous.
Les quatre raisons qui condamnent vraiment le PDF
Il se lit mal là où on le lit
C’est la raison décisive, et elle n’a rien de technique. Une carte de restaurant se consulte debout, sur un trottoir, à une main, sur un téléphone. Un PDF conçu pour une page A4 s’y affiche entier : il faut pincer, zoomer, faire glisser pour lire une ligne, se perdre, recommencer. Un client qui hésite entre deux adresses ne fait pas cet effort deux fois.
Une page web, elle, se redistribue à la largeur de l’écran. C’est tout ce qu’on lui demande.
Il ne se met pas à jour
Changer un prix dans une page prend dix secondes. Changer un prix dans un PDF suppose de retrouver le fichier source, de rouvrir le logiciel qui l’a produit, de réexporter, de renommer, de re-téléverser. Ce qui coûte cinq minutes ne se fait pas chaque semaine.
La conséquence se voit sur la moitié des sites de restaurants : une carte datée de l’an dernier, avec des plats qui ne sont plus servis et des prix qui ne sont plus les bons. Un client qui le découvre sur place ne le prend pas bien, et il a raison.
Il ne porte ni données structurées ni liens
Une page de carte peut déclarer ses plats en données structurées, se lier à la page de réservation, renvoyer vers la page des horaires, être citée par un article. Un PDF ne fait rien de tout cela : c’est une impasse. Il termine le parcours au lieu de le poursuivre.
La fiche Google attend une page
C’est le point le plus concret, et il suffit à trancher. La fiche d’établissement permet d’ajouter un lien vers le menu, et l’aide Google est explicite sur sa nature :
« Vous pouvez ajouter un lien unique permettant aux utilisateurs : de consulter un menu » (liens proposés par les établissements locaux)
Un seul lien, là où les liens de commande ou de réservation peuvent aller jusqu’à dix par catégorie. Ce lien unique est le chemin le plus emprunté vers votre carte, parce que la fiche est ce que voit d’abord quelqu’un qui cherche un restaurant. Le faire pointer vers un fichier à télécharger, c’est dépenser le seul lien dont on dispose pour une mauvaise expérience.
Ce que doit contenir une page de carte
Six points, dans l’ordre d’importance.
- Du vrai texte. Pas une image de carte, pas un lecteur intégré. Du texte sélectionnable, lisible sans zoom.
- Une structure par service. Entrées, plats, desserts, ou déjeuner et dîner. Des titres de section, pas un seul bloc.
- Une date de mise à jour visible. Elle vous oblige à tenir la carte, et elle rassure le lecteur sur ce qu’il lit.
- Les mentions obligatoires, notamment les allergènes et l’origine des viandes, qui doivent de toute façon être portées à la connaissance du client.
- Un chemin vers la suite. Réserver, voir les horaires, l’adresse. Une carte qui se termine sans porte est une carte qui perd le client à la dernière ligne.
- Une seule source. Si la carte existe sur le site, sur une plateforme et sur la fiche, les trois divergeront. Le site fait foi, les autres pointent vers lui.
Le cas où le PDF garde un sens
Un seul : en complément, pour l’impression. Un traiteur, un menu de groupe, une carte de banquet qu’un client veut transmettre à ses invités ou joindre à un devis. Là, le PDF est le bon format, parce que sa raison d’être est d’être imprimé à l’identique.
La règle qui en découle : la page est la version de référence, le PDF est une sortie. Jamais l’inverse. Et si le PDF existe, il porte la même date de mise à jour que la page, sinon il redevient la version périmée qui circule.
Questions fréquentes
Google indexe-t-il les cartes de restaurant en PDF ?
Oui. Le format PDF figure nommément dans la liste officielle des types de fichiers indexables publiée par Google, qui les décrit comme des fichiers nécessitant « un analyseur spécifique pour extraire le texte lisible ». L’argument « le PDF est invisible pour Google » est faux. Deux réserves comptent : un PDF scanné ou exporté en image ne contient aucun texte à extraire, et un PDF indexé reste un résultat sans titre travaillé qui ne mène nulle part.
Faut-il mettre sa carte en page plutôt qu’en PDF ?
En page, sauf cas particulier. Une page se lit sans zoom sur un téléphone, se met à jour en quelques secondes, accepte des données structurées et des liens vers la réservation. Un PDF fait l’inverse sur les quatre points. Le PDF garde un sens comme sortie imprimable, en complément d’une page qui reste la version de référence.
Quel lien mettre sur la fiche Google pour la carte ?
Celui de la page de carte de votre site. La fiche d’établissement n’accepte qu’un lien unique pour consulter un menu, là où les liens de commande ou de réservation peuvent aller jusqu’à dix par catégorie. C’est le chemin le plus emprunté vers votre carte : le faire pointer vers un fichier à télécharger dépense ce lien unique pour une mauvaise expérience.
À quelle fréquence faut-il mettre sa carte à jour ?
À chaque changement réel, ce qui suppose que la mise à jour soit assez simple pour être faite le jour même. C’est précisément l’argument contre le PDF : rouvrir un logiciel de mise en page, réexporter et re-téléverser ne se fait pas chaque semaine, et la carte finit par dater d’un an. Une date de mise à jour affichée sur la page est le meilleur garde-fou, parce qu’elle rend le retard visible.
Une carte en image ou en PDF scanné pose-t-elle problème ?
Oui, et c’est le pire des deux mondes. Le fichier est indexable, mais il ne contient aucun texte : Google n’a rien à extraire, et un lecteur d’écran non plus. Un client malvoyant ne peut pas la lire, ce qui pose en outre une question d’accessibilité. Une carte doit être du texte, quel que soit son contenant.
Une carte à jour, des horaires justes et une réservation directe : ce sont les trois choses qu’un restaurant attend de son site, et les trois que les plateformes captent quand il ne les porte pas. Le détail est sur le site internet pour restaurant. Le piège voisin, celui des horaires qui divergent entre le site et la fiche, est traité dans quels horaires Google affiche-t-il.
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