Comment choisir son agence web : les questions qui filtrent
Trois devis incomparables, des promesses identiques, aucun moyen de trancher. Les questions à poser par écrit, et ce que chaque réponse révèle.
Vous avez trois devis. Ils promettent tous un site « moderne, responsive et optimisé SEO ». Les montants vont du simple au quintuple. Rien, dans les documents, ne vous permet de comprendre pourquoi.
C'est normal : les prestataires ne vendent pas le même périmètre, et presque aucun n'écrit ce qu'il exclut. Le tri ne se fait donc pas en lisant les devis. Il se fait en posant des questions dont les réponses ne peuvent pas être vagues.
Posez-les par écrit. Une réponse écrite engage ; une réponse au téléphone s'oublie.
En posant par écrit neuf questions dont les réponses ne peuvent pas être vagues : qui écrit les textes et prend les photos, sur quoi sont décidées les pages, le code source m’est-il remis, que se passe-t-il si j’arrête de payer, à quel nom est déposé le domaine, le référencement est-il dans la construction, comment saurai-je si ça marche, à partir de quel événement court le délai, et que dois-je payer avant d’avoir vu quoi que ce soit.
Les questions sur le contenu
« Qui écrit les textes, et qui prend les photos ? »
C'est la première question, avant même le prix, parce que c'est le poste qui fait échouer le plus de projets.
Si la réponse est « le client fournit les contenus », ce poste n'est pas dans le devis, et vous venez de découvrir pourquoi il est moins cher que le voisin. Rédiger quinze pages et produire des photographies exploitables représente un travail considérable, que personne n'a le temps de faire dans une petite structure.
Le scénario qui suit est toujours le même : le site est « livré » en attente de contenu, il reste six mois avec des textes provisoires, il ne remonte sur rien et ne convertit personne. Ce n'est pas un site livré, c'est un gabarit en attente.
Une réponse acceptable est explicite : qui écrit, qui photographie, à partir de quelle matière, et en combien d'allers-retours.
« Sur quoi vous basez-vous pour décider des pages ? »
Une bonne réponse parle de ce que vos clients tapent dans Google et de ce que vous entendez au téléphone. Une mauvaise réponse récite votre catalogue de prestations, ou pire, propose une arborescence type.
Une page par intention réelle, pas une page par service à vendre. C'est ce qui sépare un site qui capte de la demande d'une brochure mise en ligne.
Les questions sur la propriété
« Le code source m'est-il remis, et sous quelle forme ? »
Une réponse évasive est une réponse. En droit français, les droits patrimoniaux ne se transmettent pas tout seuls : l'article L131-3 du Code de la propriété intellectuelle impose que chaque droit cédé fasse l'objet d'une mention distincte dans l'acte de cession, avec un domaine d'exploitation délimité quant à son étendue, sa destination, son lieu et sa durée. Autrement dit : sans écrit qui le prévoit, vous n'obtenez rien automatiquement.
Le sujet est détaillé ici : ce qu’il faut exiger par écrit avant de signer.
« Que se passe-t-il si j'arrête de payer, ou si je change de prestataire ? »
Deux modèles coexistent, et ils sont légitimes tous les deux, à condition d'être annoncés.
Dans le premier, vous achetez un site : il vous appartient, vous partez avec. Dans le second, vous louez une prestation à l'abonnement : le site vit tant que vous payez, et s'éteint sinon.
Le problème n'est pas le second modèle. C'est de le découvrir au bout de deux ans, en voulant partir.
« À quel nom est déposé le nom de domaine ? »
Il doit être au nom de votre entreprise, pas à celui du prestataire. C'est
vérifiable en une minute sur un service de whois, et c'est le point de
blocage le plus fréquent lors d'un changement de prestataire. Un nom de domaine
détenu par quelqu'un d'autre, c'est votre adresse commerciale entre des mains
tierces.
Demandez aussi les accès : hébergement, gestionnaire du domaine, Search Console, fiche d'établissement Google, outil de mesure. Ils doivent exister à votre nom, même si vous ne les utilisez jamais.
Les questions sur la visibilité
« Le référencement est-il dans la construction ou vendu à part ? »
S'il est vendu à part, posez la question qui suit immédiatement : « alors qu'est-ce qui est fait pendant la construction ? »
L'architecture des pages, la hiérarchie des titres, la vitesse, les données structurées et le maillage interne se décident au moment où le site est conçu. Les reprendre après revient à déplacer des murs porteurs. Un devis qui présente le référencement en option facture souvent deux fois le même travail : une fois mal fait, une fois en rattrapage.
Méfiez-vous en revanche de l'inverse. Une agence qui garantit une première position ment, ou vend une requête sans concurrence sur laquelle personne ne cherche. Personne ne contrôle le classement de Google.
« Comment saurai-je si ça marche ? »
Une bonne réponse nomme des choses observables : demandes de contact, appels, positions sur des requêtes précises, trafic depuis la recherche. Elle précise qui les regarde, à quelle fréquence, et ce qu'on fait quand la mesure est mauvaise.
Une mauvaise réponse parle de « visibilité » et de « notoriété ».
Les questions sur l'exécution
« Quel est le délai, et à partir de quel événement démarre-t-il ? »
Un délai qui court « à partir de la réception des contenus » n'est pas un délai : c'est un renvoi de responsabilité. Il faut savoir à partir de quel événement précis le compteur tourne, et ce qui se passe s'il est dépassé.
« Que dois-je payer avant d'avoir vu quoi que ce soit ? »
Cette question révèle la confiance qu'un prestataire a dans son propre premier jet. Payer intégralement avant d'avoir vu une maquette, c'est acheter une promesse.
« Qui sera mon interlocuteur, et pendant combien de temps ? »
Le cas fréquent : vous discutez avec un commercial convaincant, puis le dossier passe à quelqu'un d'autre que vous ne rencontrerez jamais. Demandez qui suit le projet du premier appel à la mise en ligne, et qui répond après.
« Puis-je voir trois sites que vous avez livrés, en ligne ? »
Pas des visuels de présentation : des adresses. Ouvrez-les sur votre téléphone. Regardez le temps d'affichage, le comportement du menu, la taille des textes, la facilité à trouver le numéro. Vous en apprendrez plus en cinq minutes que dans une heure de rendez-vous.
Et si le portfolio ne montre aucun client, ce n'est pas rédhibitoire, à une condition : que ce soit dit. Des travaux de démonstration présentés comme tels sont honnêtes ; des travaux de démonstration présentés comme des références clients ne le sont pas.
Les signaux qui doivent arrêter la discussion
- Une garantie de première position sur Google.
- Un refus de s'engager par écrit sur la remise du code source.
- Un nom de domaine que le prestataire veut déposer à son nom.
- Un devis sans périmètre écrit, qui dit ce qui est inclus mais jamais ce qui ne l'est pas.
- Une pression de calendrier : offre valable jusqu'à vendredi, place à réserver, tarif qui augmente lundi.
- Des chiffres de résultats invérifiables : « nos clients gagnent 40 % de demandes en plus ». Sans nom, sans période, sans méthode de mesure, ce n'est pas une preuve, c'est une phrase.
La grille, en une page
Reprenez ces neuf questions, envoyez-les telles quelles à vos trois candidats, et comparez les réponses côte à côte :
- Qui écrit les textes et prend les photos ?
- Sur quoi décidez-vous des pages du site ?
- Le code source m'est-il remis, sous quelle forme ?
- Que se passe-t-il si j'arrête de payer ou change de prestataire ?
- À quel nom est déposé le nom de domaine, et qui détient les accès ?
- Le référencement est-il dans la construction ou vendu à part ?
- Comment saurai-je si ça marche ?
- Quel est le délai, et à partir de quel événement démarre-t-il ?
- Que dois-je payer avant d'avoir vu quoi que ce soit ?
Les devis redeviennent comparables. Souvent, l'écart de prix s'explique entièrement par deux ou trois lignes de ce tableau.
Nos réponses à ces neuf questions sont écrites, sur la page qui décrit la façon dont nous menons un chantier et sur celle qui détaille ce qui fait le prix d'un site. Si vous voulez les entendre de vive voix, un échange court suffit. Si la question qui vous occupe est plutôt le format du prestataire, développeur web ou agence à Toulouse la traite en quatre questions ; et faire créer son site à Toulouse décrit ce que nous prenons en charge dans l’agglomération.
Votre cas n’est pas le cas général.
Un article répond à une question ; un premier échange d’une vingtaine de minutes répond à la vôtre. Il n’engage rien et ne se termine pas par un devis automatique.
Décrire votre situation