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Mon site affiche « site en surcharge » : que faire ?

Le message ne vient pas de votre site, il vient de la couche qui le sert. Ce que disent les codes 503 et 429, ce que Google fait pendant ce temps, et comment savoir en dix minutes qui doit agir : vous, votre hébergeur, ou personne.

C’est un des messages les plus déroutants qu’un dirigeant puisse voir sur son propre site, parce qu’il ne ressemble à rien de ce qu’il a écrit. La page a disparu, et à sa place un bandeau annonce que le site est en surcharge, ou temporairement indisponible, ou que la limite de ressources est atteinte.

Première chose à savoir, et elle change tout le raisonnement : ce message ne vient pas de votre site. Il vient de la couche qui le sert.

« Site en surcharge » signifie que le serveur a refusé de servir la page, pas que la page est cassée. Le code HTTP renvoyé le dit précisément : 503 veut dire que le serveur est temporairement incapable de traiter la requête, 429 qu’il en reçoit trop. Trois causes possibles : votre hébergement est trop petit pour le trafic, votre site consomme trop pour ce qu’il fait, ou des robots le martèlent. Google ralentit son exploration, ignore le contenu reçu, et finit par retirer les URL de son index si la situation dure plusieurs jours.

Ce que le message veut dire, exactement

Quand un visiteur demande une page, le serveur répond toujours par un code à trois chiffres avant d’envoyer quoi que ce soit. 200 veut dire « voici la page ». 404 veut dire « cette adresse n’existe pas ». Et la famille des 5xx veut dire « le problème est de mon côté ».

« Site en surcharge » est la traduction, en langage humain, d’un de ces codes. Votre contenu, vos textes, vos images ne sont pas en cause : ils n’ont même pas été atteints. Le serveur s’est arrêté avant.

C’est pour ça que la question utile n’est pas « qu’est-ce qui ne va pas dans mon site », mais quel code est renvoyé, et par quelle couche.

Les codes qu’il faut savoir lire

503, service indisponible. C’est le code normal de la surcharge. La norme HTTP (RFC 9110, section 15.6.4) l’attribue au serveur « momentanément incapable de traiter la requête en raison d’une surcharge temporaire ou d’une maintenance », et prévoit qu’il peut accompagner sa réponse d’un en-tête Retry-After indiquant quand réessayer. Le mot important est temporaire : le 503 dit « revenez », pas « c’est fini ».

429, trop de requêtes. Le serveur reçoit plus de demandes qu’il n’en accepte, souvent d’une même source. Google le documente noir sur blanc : « les robots d’exploration Google traitent le code d’état 429 comme un signal indiquant que le serveur est surchargé » (Search Central, erreurs HTTP et réseau).

508, et c’est le piège. Beaucoup d’hébergements mutualisés renvoient un 508 avec un message du type « Resource Limit Is Reached ». Ce n’est pas le sens que la norme donne à ce code : le RFC 5842 définit le 508 comme « Loop Detected », c’est-à-dire une boucle infinie détectée par un serveur WebDAV. C’est une convention de panneau d’hébergement, pas un standard. Si vous le voyez, la traduction pratique est simple : votre compte d’hébergement a dépassé le quota que l’hébergeur lui alloue.

Ce que Google fait pendant ce temps

C’est la partie qui décide de l’urgence, et Google la documente précisément.

Traduction en termes de délai : une surcharge de deux heures ne coûte pratiquement rien. Une surcharge de plusieurs jours coûte des positions, et la reconquête est plus lente que la chute.

Qui doit agir

Trois causes, trois responsables, et il n’y en a qu’une où c’est vous qui payez la facture pour rien.

CauseCe qu’on observeQui agit
Trafic réel supérieur à ce que l’offre supporteLa chute suit une pointe identifiable : campagne, article partagé, saisonVous, en montant d’offre
Site trop lourd pour ce qu’il faitLe serveur sature à un trafic ordinaire, sans pointeVous, en corrigeant le site
Robots ou attaqueUn volume de requêtes sans rapport avec vos visiteurs, souvent d’une poignée de sourcesL’hébergeur, avec vous
Panne ou maintenance chez l’hébergeurD’autres sites du même hébergeur tombent en même tempsL’hébergeur, et vous attendez

La quatrième ligne est plus fréquente qu’on ne le croit sur un hébergement mutualisé : votre site partage sa machine avec des centaines d’autres, et un voisin bruyant produit exactement les mêmes symptômes qu’un problème chez vous.

Comment savoir laquelle, en dix minutes

Quatre gestes, dans cet ordre, et tous gratuits.

  1. Lisez le vrai code. Le bandeau affiché ment souvent par simplification. Dans un navigateur, ouvrez les outils de développement, onglet Réseau, rechargez la page, regardez le statut de la première ligne. 503, 429, 500 et 508 n’appellent pas les mêmes gestes.
  2. Regardez si c’est vous ou tout le monde. La page d’état de votre hébergeur, et un test depuis un autre réseau que le vôtre. Si l’hébergeur déclare un incident, il n’y a rien à chercher de votre côté.
  3. Ouvrez les statistiques d’exploration de la Search Console. Elles montrent la courbe des réponses de votre serveur à Googlebot, avec les codes. C’est le seul endroit qui dit depuis quand ça dure, ce qui est la seule information qui décide de la gravité.
  4. Demandez les logs à votre hébergeur. Une pointe de requêtes venue de quelques adresses, sur une même URL, ne ressemble à rien de ce que produisent des visiteurs. Vous le verrez en une minute.

Si la conclusion est « le site est trop lourd pour ce qu’il fait », le sujet rejoint celui de la lenteur, traité en détail dans ce que coûte vraiment un site lent. Une nuance qui compte : un site lent répond quand même, un site en surcharge ne répond plus. Les deux se soignent différemment.

Le cas où renvoyer un 503 est le bon geste

Il existe une situation où l’on renvoie volontairement ces codes : quand l’exploration de Google elle-même met le serveur à genoux. Google donne la marche à suivre et l’encadre strictement.

« Renvoyez un code d’état de réponse HTTP 500, 503 ou 429 au lieu de 200 aux demandes d’exploration […] pendant une courte période (par exemple, quelques heures, ou un à deux jours). »

Et l’avertissement, qui est la moitié utile du conseil :

« Nous vous déconseillons d’adopter cette approche pendant une longue période (plus d’un à deux jours), car cela pourrait avoir un impact négatif sur la façon dont votre site apparaît dans les produits Google […] si Googlebot observe ces codes d’état sur la même URL pendant plusieurs jours, l’URL peut être supprimée de l’index Google. » (Search Central, réduire la vitesse d’exploration de Googlebot)

Autrement dit : c’est un garrot, pas un traitement. Il tient deux jours, pas deux semaines.

Questions fréquentes

Que signifie « site en surcharge » ?

Que le serveur qui héberge le site a refusé de traiter la demande, faute de ressources disponibles. Le message ne vient pas des pages du site mais de la couche qui les sert. Il correspond en général à un code HTTP 503, parfois 429, et sur certains hébergements mutualisés à un 508 accompagné d’un message de limite de ressources atteinte. Le contenu du site n’est pas en cause : il n’a pas été atteint.

Un site en surcharge perd-il son référencement ?

Pas immédiatement, et c’est la durée qui décide. Google ralentit son exploration face aux erreurs 5xx et 429, ignore le contenu reçu de ces URL, et conserve d’abord les pages déjà indexées. Mais si la situation dure, ces URL finissent par être supprimées de l’index. Quelques heures sont sans conséquence sérieuse ; plusieurs jours coûtent des positions, et la remontée est plus lente que la chute.

Faut-il changer d’hébergement quand le site est en surcharge ?

Pas avant d’avoir identifié la cause. Monter d’offre règle le cas d’un trafic réel supérieur à ce que l’hébergement supporte, et il ne règle rien du tout si le site consomme trop pour ce qu’il fait ou si des robots le martèlent. Dans ces deux derniers cas, une offre plus chère repousse le seuil de quelques semaines et laisse le problème intact.

Comment savoir si c’est mon site ou mon hébergeur ?

Trois vérifications. La page d’état de l’hébergeur, qui déclare ses incidents. Un test depuis un autre réseau, pour écarter un problème local. Et les statistiques d’exploration de la Search Console, qui montrent la courbe des réponses de votre serveur avec les codes et les dates. Si d’autres sites du même hébergeur tombent en même temps, la réponse est acquise.

Le message « Resource Limit Is Reached » veut-il dire la même chose ?

En pratique oui, mais il désigne un mécanisme précis : votre compte a dépassé le quota de processeur, de mémoire ou d’entrées-sorties que l’hébergeur lui alloue. Il est souvent servi avec un code 508, ce qui prête à confusion, puisque la norme HTTP réserve ce code à un tout autre usage. C’est une convention d’hébergeur, pas un standard.


Un site qui tombe régulièrement en surcharge sans pointe de trafic dit quelque chose sur sa construction, pas seulement sur son hébergement. C’est un des points que regarde un audit de site internet, et le vocabulaire de la couche qui sert les pages est expliqué dans la fiche hébergement web.

Votre cas n’est pas le cas général.

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