Choisir son nom de domaine
Une décision qu'on prend en dix minutes et qu'on garde dix ans. Les critères qui comptent, ceux qui n'en valent plus la peine, et la seule règle non négociable.
Le nom de domaine est la seule décision technique d'un site qu'on ne peut pas défaire sans coût. On change de design, de prestataire, d'hébergeur ; changer d'adresse revient à déménager en emportant sa clientèle à la main.
Il mérite donc dix minutes de réflexion, pas plus, mais dix vraies minutes.
Prenez le nom de votre entreprise, en .fr si votre marché est français.
Court, dictable au téléphone, sans tiret ni chiffre. Vérifiez qu'il n'est pas
déjà une marque déposée. Et la seule règle non négociable : il doit être
enregistré au nom de votre entreprise, jamais à celui de votre prestataire.
Tout le reste, y compris les mots-clés dans le nom, ne pèse plus grand-chose.
La seule règle non négociable
Le nom de domaine doit être enregistré au nom de votre entreprise.
C'est le point de blocage le plus fréquent lors d'un changement de prestataire, et il n'apparaît dans aucun devis. Un domaine détenu par un tiers, c'est votre adresse commerciale, vos adresses e-mail et le référencement accumulé entre des mains qui ne sont pas les vôtres.
La vérification prend une minute : interrogez un service de whois, ou pour un
.fr consultez directement le registre de l'Afnic.
Le titulaire doit être votre entreprise, pas une agence.
Le prestataire peut être contact technique, ce qui est normal et pratique. Il ne doit pas être titulaire. Le sujet est traité en détail ici : titulaire ou contact technique, ce que ça change.
Les critères qui comptent encore
Il se dicte au téléphone
C'est le test le plus utile, et le plus négligé. Prononcez votre nom de domaine à voix haute et demandez à quelqu'un de l'écrire. S'il faut épeler, corriger, préciser « avec un tiret », c'est perdu.
Ce test élimine à lui seul les tirets, les chiffres, les doubles lettres ambiguës et les jeux de mots orthographiques.
Il est court
Pas de règle absolue, mais un nom qu'on retient et qu'on tape sans faute vaut
mieux qu'un nom exhaustif. plomberie-dupont-toulouse-31.fr est descriptif et
inutilisable.
Il correspond à votre nom d'entreprise
C'est ce que les gens tapent quand on leur parle de vous. La cohérence entre l'enseigne, le domaine, l'adresse e-mail et la fiche Google est aussi un signal de sérieux, et elle facilite le référencement local, où Google recoupe tout.
Il est libre de droits
Vérifiez que le nom n'est pas déjà une marque déposée dans votre secteur. La base de l'INPI est consultable gratuitement. Un domaine acheté puis contesté par un titulaire de marque se perd, et le référencement avec.
Les critères qui ne comptent plus vraiment
Les mots-clés dans le domaine. creation-site-internet-toulouse.fr a pu
avoir un intérêt il y a quinze ans. Aujourd'hui le gain est marginal, et le coût
est réel : un nom générique se retient mal, se distingue mal, et ancre
l'entreprise sur une prestation dont elle sortira peut-être.
L'extension exotique. .pro, .expert, .immo, .paris existent et
fonctionnent techniquement. Mais elles surprennent, et le visiteur qui doute
tape .com ou .fr par réflexe. Une extension inhabituelle est une friction
sur chaque échange oral.
Acheter toutes les variantes. Racheter dix orthographes par précaution coûte tous les ans pour un bénéfice quasi nul. Une ou deux protections utiles suffisent.
.fr ou .com
La réponse dépend du marché, et elle est plus simple qu'il n'y paraît.
.fr si votre marché est français. Il signale clairement l'ancrage
national, il est mieux disponible que le .com, et il inspire confiance à un
public français. Selon l'Afnic, 56 % des TPE et PME françaises dotées d'un site
ont choisi le .fr contre 36 % le .com (étude « Réussir avec le web »,
7e édition, publiée le 19 décembre 2024, panel de 1 642 entreprises).
.com si vous visez au-delà des frontières, ou si votre nom est déjà
identifié à l'international.
Les deux, si le budget le permet : l'un redirige vers l'autre. Comptez quelques euros par an, et choisissez lequel est le principal, parce qu'un site accessible sur deux adresses sans redirection est vu par Google comme deux sites qui se concurrencent.
Ce qu'il faut savoir sur la location
Un nom de domaine ne s'achète pas, il se loue à l'année. Trois conséquences pratiques.
Le renouvellement automatique doit être activé. Un domaine expiré est récupérable pendant une période de grâce, puis il est remis en vente. Des entreprises ont perdu leur adresse pour un moyen de paiement périmé.
L'adresse de contact du titulaire doit être valide, et ne doit pas être une adresse hébergée sur ce domaine. Si le domaine tombe, l'alerte n'arrive nulle part.
Enregistrer pour plusieurs années évite l'oubli et coûte à peine plus.
Si vous changez de nom de domaine
Cela arrive : changement de nom d'entreprise, sortie d'une marque précédente. Ce n'est pas anodin, et ça se traite comme une migration.
Le nouveau domaine repart sans historique. L'ancien doit rester actif et rediriger, page par page, en redirection permanente, pendant au moins un an. Les citations, la fiche Google et les annuaires doivent être mis à jour, sinon ils continuent de pointer vers l'ancienne adresse.
Le mécanisme est le même que pour une refonte, et il est décrit ici : refonte de site internet.
En trois minutes
- Le nom de l'entreprise, en
.frsi le marché est français. - Dictez-le à voix haute : si l'autre l'écrit juste du premier coup, c'est bon.
- Vérifiez qu'il n'est pas une marque déposée.
- Enregistrez-le au nom de votre entreprise, avec renouvellement automatique et une adresse de contact externe.
Le reste est du détail.
Sur les sites que nous construisons, le domaine est déposé au nom du client et le code source lui est remis : vous n'êtes prisonnier ni d'un abonnement, ni d'une plateforme, ni de nous. Voir ce que nous remettons en fin de chantier, domaine compris.
Votre cas n’est pas le cas général.
Un article répond à une question ; un premier échange d’une vingtaine de minutes répond à la vôtre. Il n’engage rien et ne se termine pas par un devis automatique.
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