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Faut-il une page par commune sur le site d’un artisan ?

Google ne condamne pas les pages locales, il condamne celles qui canalisent le visiteur vers une seule page sans rien lui apporter. Le test qui sépare les deux, et ce qui marche mieux dans la plupart des cas.

C’est le conseil qu’on entend le plus dans le référencement local : une page par commune, et vous captez toutes les recherches au nom de la ville. Vingt communes, vingt pages.

C’est aussi la façon la plus rapide de fabriquer ce que Google appelle des pages satellites. La ligne existe, elle est écrite, et elle ne passe pas là où on croit.

Rarement, et jamais en dupliquant. Google ne condamne pas les pages locales : il condamne « plusieurs pages ou noms de domaine qui ciblent des régions ou des villes spécifiques, et qui canalisent les internautes vers une seule page ». Une page de commune qui ne contient que le nom de la ville changé entre exactement dans cette description. Une page qui porte un contenu réellement propre à cette commune, avec ses chantiers, ses contraintes et ses interlocuteurs, n’y entre pas. Pour la plupart des artisans, une seule page bien faite suffit.

Ce que Google appelle une page satellite

La formulation officielle se trouve dans les règles anti-spam de Google :

« L’utilisation abusive des pages satellites se produit lorsque des pages ou des sites sont créés pour bien se classer pour des requêtes de recherche spécifiques similaires. Elles redirigent les internautes vers des pages intermédiaires qui ne sont pas aussi utiles que la destination finale. »

Et parmi les exemples cités, celui qui décrit exactement la stratégie « une page par commune » telle qu’elle se pratique :

« Plusieurs pages ou noms de domaine qui ciblent des régions ou des villes spécifiques, et qui canalisent les internautes vers une seule page »

Lisez la définition attentivement, parce que elle n’interdit pas les pages locales. Elle décrit deux caractéristiques cumulatives : des pages créées pour se classer sur des requêtes similaires, et qui ne sont pas aussi utiles que la destination finale. C’est le second critère qui tranche, et c’est celui que personne ne regarde.

Le test qui sépare les deux

Une question suffit, et elle est brutale : si on retirait le nom de la commune de cette page, resterait-il quelque chose ?

Si la réponse est non, c’est une page satellite. Vous avez pris un gabarit et remplacé « Balma » par « Colomiers ». Le visiteur qui arrive de Colomiers lit exactement ce que lit celui de Balma, et il devra de toute façon aller sur la page principale pour comprendre ce que vous faites.

Si la réponse est oui, la page a une raison d’être. Ce qui la remplit, dans les cas réels :

Un artisan installé depuis dix ans peut écrire cela pour deux ou trois communes. Presque jamais pour vingt.

Ce qui marche mieux, dans la plupart des cas

Une seule page de zone, dense, qui nomme les communes dans un texte qui a du sens. C’est ce que fait la page création de site internet à Toulouse : elle nomme Balma, L’Union, Montastruc, Verfeil et les autres, dans des phrases où ces noms servent à quelque chose, pas dans une liste de bas de page.

Pourquoi ça suffit, dans l’ordre d’importance :

  1. La fiche d’établissement porte la géographie, beaucoup mieux qu’une page. C’est elle qui vous fait apparaître sur une recherche de proximité, avec la zone desservie que vous y déclarez.
  2. Google comprend la proximité sans qu’on la lui épelle. Une entreprise établie à Garidech ressort sur des recherches faites depuis L’Union sans avoir une page « L’Union ».
  3. Vingt pages minces coûtent plus qu’elles ne rapportent. Elles diluent le site, se cannibalisent entre elles sur les mêmes expressions, et donnent au visiteur l’impression d’un site généré.
  4. Une page dense se classe sur plus d’expressions qu’une page mince, y compris sur les combinaisons que vous n’aviez pas prévues.

Les trois cas où une page de commune se justifie

Ils existent, et ils sont précis.

Un second établissement réel. Un atelier, un dépôt, une agence avec une adresse. Là, la page a un objet : elle décrit un lieu qui existe, et elle s’accompagne d’une fiche d’établissement distincte.

Une commune qui pèse vraiment dans votre activité. Si un tiers de vos chantiers se fait dans une seule commune, vous avez la matière : des photos, des références, des spécificités. La page s’écrit toute seule, ce qui est le meilleur signe qu’elle est légitime.

Une contrainte locale qui change le travail. Intervenir dans un secteur patrimonial protégé n’est pas la même chose qu’intervenir dans un lotissement des années 2000. Si ça change vos devis, ça mérite une page.

Dans les trois cas, remarquez ce qui les réunit : la page existe parce qu’il y a quelque chose à dire, pas parce qu’il y a une requête à capter. C’est le renversement qui met du bon côté de la ligne.

Si vous en avez déjà vingt

Ne les supprimez pas toutes d’un coup, et surtout ne les redirigez pas en masse vers l’accueil : Google lit une redirection massive vers une page unique comme une suppression, et peut la traiter comme une erreur de type soft 404.

La marche à suivre :

  1. Trier. Regardez lesquelles reçoivent réellement des impressions dans la Search Console. La plupart n’en reçoivent aucune.
  2. Garder et enrichir les deux ou trois qui en reçoivent, en leur ajoutant ce qui leur manque : chantiers, spécificités, photos.
  3. Fusionner le reste dans une page de zone unique, en redirigeant chaque ancienne adresse vers cette page-là, qui traite bien le même sujet.
  4. Attendre. Le remplacement dans l’index prend quelques semaines, comme toute migration.

Le mécanisme est détaillé dans mon ancien site apparaît encore sur Google.

Questions fréquentes

Faut-il créer une page par ville pour le référencement local ?

Rarement. Google décrit comme abusives « plusieurs pages ou noms de domaine qui ciblent des régions ou des villes spécifiques, et qui canalisent les internautes vers une seule page ». Une page de commune qui se contente de changer le nom de la ville entre dans cette description. Une page qui porte des chantiers, des contraintes et des interlocuteurs réellement propres à cette commune n’y entre pas, mais peu d’entreprises ont cette matière pour plus de deux ou trois communes.

Comment savoir si ma page de commune est une page satellite ?

Retirez le nom de la commune et lisez ce qu’il reste. S’il ne reste rien qui distingue cette page de la page principale, le visiteur devra de toute façon aller ailleurs pour trouver ce qu’il cherche : c’est exactement le critère que Google retient, celui d’une page « qui n’est pas aussi utile que la destination finale ».

Que faire à la place d’une page par commune ?

Une seule page de zone, dense, qui nomme les communes dans des phrases où ces noms servent à quelque chose. Et surtout la fiche d’établissement, qui porte la géographie bien mieux qu’une page de site : c’est elle qui vous fait apparaître sur une recherche de proximité, avec la zone desservie que vous y déclarez.

Quand une page de commune est-elle légitime ?

Dans trois cas. Un second établissement réel, avec une adresse et sa propre fiche. Une commune qui pèse suffisamment dans votre activité pour que vous ayez des chantiers et des références à y montrer. Ou une contrainte locale qui change réellement votre travail, comme un secteur patrimonial protégé. Le point commun des trois : la page existe parce qu’il y a quelque chose à dire.

Faut-il supprimer les pages de commune déjà en ligne ?

Pas d’un bloc, et jamais en les redirigeant toutes vers l’accueil, ce que Google peut traiter comme une erreur de type soft 404. Triez d’abord d’après les impressions réelles relevées dans la Search Console, gardez et enrichissez celles qui en reçoivent, puis fusionnez les autres dans une page de zone en redirigeant chaque adresse vers elle.


Le référencement local se joue sur trois signaux, et le nombre de pages n’en fait pas partie. Ils sont détaillés sur le référencement local à Toulouse, et ce que change réellement la proximité sur la création de site internet à Toulouse.

Votre cas n’est pas le cas général.

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